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POURQUOI VOUS DEVEZ CONNAITRE VOS DROITS

Les droits de l'homme ont une longue histoire. Hommes et femmes se battent pour eux depuis l'origine des temps. Ils sont la pierre angulaire, le fondement même d'une véritable société démocratique.

Le postulat fondamental des droits de l'homme est que chaque individu est un être moral et raisonnable. Les droits humains sont fondés sur le principe du respect de l'individu et de ses croyances. L’un des plus importants de ces droits est la liberté de religion ou de croyance. Ce droit fait partie de nos propres lois - il est garanti par la Déclaration des Droits de l'Homme et par la Constitution de 1958. Il est également mis en avant dans les traités internationaux signés et ratifiés par la France. Lorsque nous sommes devenus membres fondateurs du Conseil de l'Europe en 1949, et lorsque nous avons ratifié la Convention européenne des Droits de l'Homme en 1974, nous nous sommes engagés à protéger et à maintenir la liberté de religion.

Sans liberté ou croyance religieuse, l'intolérance et la persécution sévissent, et leur règne a été long et sanglant. Au cours des deux derniers millénaires, des millions de gens sont morts parce que leurs croyances étaient différentes du dogme officiel.

Les Romains jetaient les chrétiens aux lions. L’empereur Néron fit du christianisme un crime capital, accusant les chrétiens de mettre Rome à feu et à sang. Ceux qui refusaient de prêter serment d'obéissance à la statue de l'empereur étaient jetés en prison, flagellés, exilés, condamnés aux mines ou mis à mort. Toute foi religieuse était perçue comme une menace pour l'ordre politique et social. Les chrétiens étaient accusés d'inceste, de cannibalisme et de meurtre, et leur religion était dite fausse parce que nouvelle et, qui plus est, parce qu'elle avait été fondée par un banni de la société, mis à mort comme un esclave, sur une croix. Au cours du IIe siècle, l'empereur Marc Aurèle punit les sectes qui « excitaient les esprits malfaisants » des hommes en propageant une nouvelle doctrine. La foule païenne, surexcitée, tortura honteusement les chrétiens, les tuant par lapidation.

Pendant les Croisades, les armées chrétiennes devinrent les persécuteurs, tuant ou torturant tous ceux qui se trouvaient sur leur passage. Après deux siècles de troubles, la violence éclata sous forme de guerres de religion entre les catholiques et les protestants. Au cours de la nuit du 23 août 1572, Charles IX, apparemment sous l'influence de sa mère, Catherine de Médicis, ordonna le meurtre de tous les huguenots, et au cours des trois jours qui suivirent 40 000 à 100 000 personnes furent massacrées.

Cinquante ans plus tard éclatait la guerre de Trente Ans (1618-1648). Elle fit périr la moitié des populations d'Allemagne et d'Autriche, faisant au moins 9 700 000 morts en Europe, soit plus de 2 700 morts par jour, 365 jours par an, pendant les 25 années que dura le combat. Pour une époque où il n’existait aucune arme de destruction massive, c'est phénoménal.

Au coeur des persécutions et des carnages, quelques timides ouvertures eurent lieu vers la tolérance religieuse. En 1598, le roi Henri IV, ancien huguenot converti au catholicisme, publia l'Édit de Nantes qui accordait de nombreux droits fondamentaux aux protestants français. Mais en 1685, Louis XIV révoqua cet Édit, ouvrant la porte à de nouvelles persécutions et forçant 400 000 huguenots à fuir la France.

Par ailleurs le massacre des hindous par les musulmans, des musulmans par les hindous, des musulmans par les chrétiens et des chrétiens par les musulmans se poursuivit pendant des siècles, et continue encore aujourd'hui. Aurangzeb, un des derniers empereurs musulmans en Inde, fit assassiner 10 000 hindous par jour pendant une année entière. Nous avons tendance à nous représenter ces époques comme barbares et ignorantes. Mais le xxe siècle a vu des exemples bien pires d'intolérance humaine. Lors de la première Guerre mondiale, l0 millions de soldats furent sacrifiés, dont 1 300 000 Français. Personne ne sait combien de millions de gens sont morts de faim et de maladie. Une génération après la fin de ce conflit qui devait être « la der des der », la guerre éclatait à nouveau. En plus des soldats tombés au combat, six millions d'êtres humains furent assassinés parce que leurs « croyances» et leur manière de vivre étaient différentes.

La plupart de ceux qui disparurent dans l'Holocauste nazi étaient juifs, d'autres étaient Témoins de Jéhovah, intellectuels ou dissidents. Le gouvernement de Vichy fit déporter 25% de la population juive d'avant-guerre; 75 000 d'entre eux périrent dans les camps de concentration. Les autres, ceux qui étaient encore en France, se virent condamnés par des lois restrictives. Les juifs reçurent l'ordre de porter des signes distinctifs, l'accès et les emplois dans le secteur public leur furent interdits.

En ce début du XXIe siècle, les attentats aveugles commis par des réseaux terroristes pourraient être précurseurs d'un nouveau type de guerre. Ils nous rappellent que la violence et la persécution sont toujours fortement présentes parmi nous.

En 1948, confrontées au développement d'armes capables de détruire toute vie sur terre et dans l'espoir d'empêcher de nouveaux massacres, les nations du monde se sont réunies pour formuler et adopter un code universel qui servirait de référence aux personnes, aux groupes et surtout aux nations. Ils l'ont appelé Déclaration universelle des Droits de l'Homme des Nations unies. L’article exprime l'esprit dans lequel la Déclaration universelle a été rédigée: « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience, et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité ».

Bien que la Déclaration universelle constitue une définition de référence des droits de l'homme acceptée par tous, plus de cinquante ans plus tard, de nombreux Français ne la connaissent encore que vaguement. Le fait que la Déclaration protège certains droits inaliénables et que ces derniers ne soient pas sujets à négociation, ni à compromis, n'est toujours pas complètement compris, ni appliqué. Les déclarations et les traités sur les droits de l'homme qui ont suivi la Déclaration ne sont pas théoriques. Ils ont force de loi et engagent les gouvernements qui les ont ratifiés. A l'instar des lois qui condamnent le vol, l'agression ou l'assassinat, il existe des lois qui protégent les droits à la liberté d'expression et d'opinion, à la liberté de croire et de pratiquer sa propre religion. La Déclaration contient les droits fondamentaux qui étayent une civilisation fondée sur la compréhension et non sur la violence.

Tout en travaillant à élaborer de meilleures solutions, nous devons utiliser celles que nous avons déjà. Dans les pages qui suivent, nous abordons vos droits à pratiquer votre religion, ce qui inclut le respect de la religion d'autrui. Peut-être pensez-vous que ces droits ne sont pas menacés. Selon T. Desjardins dans son livre Chirac, réveille-toi, en l'espace de douze mois, le Parlement a produit 18 000 pages de nouvelles lois. Aucune ne reconnaît, n'accorde ou ne protège un droit fondamental, mais bon nombre les réduisent, les compliquent ou les affaiblissent.

Nous vivons sur une petite planète. La volonté d'accorder des droits fondamentaux à d'autres est la seule garantie d'un futur sain. Notre nation de 60 millions d'individus est entourée par des peuples celtes, latins, germaniques, slaves, maghrébins et basques. Trois millions et demi de nos habitants sont des immigrés, plus de la moitié venant de pays qui ne font pas partie de l'Union européenne. Même si la plupart des Français qui pratiquent une religion font partie de l'Église Catholique, il y a également 4 millions de musulmans, 950 000 protestants, 750 000 juifs, 400 000 bouddhistes, 200 000 chrétiens orthodoxes, 250 000 Témoins de Jéhovah, 30 000 scientologues et des milliers de groupes religieux plus petits. Nous sommes à quelques heures d'avion de la Grèce ou de la Russie, où les catholiques sont minoritaires, ou encore de l'ancienne Yougoslavie, où les Français sont toujours occupés à maintenir la paix.

Il est donc essentiel de connaître vos droits, non seulement d'un point de vue national, mais aussi d'un point de vue international. Une démocratie adopte, fait connaître et respecter les lois, elle protège les droits de tous les groupes minoritaires. Les États policiers essaient de maintenir les gens dans l'ignorance de leurs droits fondamentaux afin de réprimer le libre exercice de ces droits.

Ce site internet est conçu pour informer les citoyens de leurs droits. Le but de la Décennie des Nations unies pour l'éducation aux droits de l'homme a été annoncé haut et fort par les Nations unies lors de leur assemblée générale de décembre 1994. Le Haut Commissaire des Nations unies pour les Droits de l'Homme a instamment demandé à ce que les gens, quel que soit leur niveau d'instruction et d'éducation, soient informés de leurs droits et de leurs responsabilités selon les traités internationaux sur les droits de l'homme.

Le site internet a trois objectifs. Le premier est de vous informer de vos droits. Le second est de présenter les solutions légales existantes si vos droits sont violés (et de montrer comment ces procédures ont été appliquées dans d'autres pays). Le troisième est d'amener à plus de respect des droits des autres. Nous espérons que ce site vous sera utile.